La ville arable

été 2012 nancy Paris 178

Depuis une cinquantaine d’années, tous les 10 ans, l’étalement urbain (construction de lotissements,  de zones d’activités, d’infrastructures urbaines…) artificialise et stérilise des surfaces de terres agricoles équivalentes à la superficie d’un département Français. Cet étalement urbain a consommé des terres agricoles d’une  grande qualité. Ces terres fertiles continuent d’être menacées et l’on prévoit une pénurie à court terme, si des mesures de protection ne se mettent pas en place.

> Le sol vivant : une  source et un réservoir de biodiversité

Faut-il le rappeler … Toute la vie terrestre dépend du sol, cette mince couche de quelques centimètres d’épaisseur, interface entre la roche du sous-sol et l’atmosphère. Le sol est une architecture souterraine et invisible, née de l’assemblage complexe d’éléments minéraux  (provenant de l’altération de la roche-mère) et d’éléments organiques (provenant de la transformation des végétaux en humus). Il se forme sur des temps géologiques très longs.

Le sol est avant tout un milieu où prolifère la vie : un gramme de terre abrite plus de 10 millions de micro-organismes (bactéries, un million d’actinomycètes, cent mille champignons). Les vers de terre représentent 80% de la biomasse animale terrestre (première biomasse animale terrestre).

La vie du sol est encore méconnue et donc malmenée : elle a eu peu de poids face à la pression et la spéculation foncière. Le sol, qu’il soit agricole ou urbain n’en demeure pas moins à la source des cycles du vivant : il accueille les plantes, les insectes, stocke l’eau de pluie, limite l’érosion… Les sols, argileux ou sableux, acides ou calcaires sont de natures extrêmement variées, selon les territoires, et constituent le substrat naturel de toute la biodiversité de la flore et de la faune, façonnant ainsi la diversité des paysages.

Les projets urbains doivent s’inscrire dans cette éthique et cette dynamique vis-à-vis du sol, en  le considérant à la fois comme source et réservoir de biodiversité. Les terres arables constituent un véritable patrimoine fertile, vivant et vivrier garant d’un paysage pérenne. Le sol est un patrimoine à protéger,  à mettre en valeur  au même titre que le patrimoine bâti ou arboré.

Le potentiel fertile des sols peut aussi amener de nouveaux usages nourriciers : « Se nourrir » est la condition vitale de notre existence. Un nouvel usage vivrier invite à cultiver la terre pour se nourrir. Il induit une autre approche culturelle et culturale de l’espace public, collectif ou privé.

Le projet urbain peut donner les moyens et la possibilité  aux habitants de découvrir le plaisir ou le besoin (selon les catégories sociales) de cultiver la terre.

Il peut intégrer à son échelle, l’enjeu de la souveraineté alimentaire des habitants d’un quartier. Cet enjeu est pris en compte par de nombreuses villes et métropoles (Paris, Strasbourg, Rennes, Nantes… ) qui  depuis plusieurs années expérimentent de nouvelles  façons de  développer toutes sortes de formes d’agriculture urbaine locale .

 

été 2012 nancy Paris 178

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